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Vue d’ensemble

Présentation de l’agriculture guadeloupéenne

a. Le secteur agricole dans l’économie guadeloupéenne

L’agriculture guadeloupéenne représente 2,6 % du produit intérieur brut de la région, soit 268 millions d’euros de production agricole totale valeur 2009.

Les productions végétales hors canne et banane (fruits et légumes) représentent 79 M€ en valeur de production 2009, les productions animales 54 M€. Les productions animales, après un creux historiques de production à la fin des années 1980, regagnent progressivement des parts du marché domestique de la Guadeloupe (actuellement 40 % de parts de marché toutes filières animales confondues).

La canne et la banane, avec respectivement 48 et 52 M€ en valeur de production 2009, restent des valeurs sûres de la production. La Guadeloupe est celui des quatre DOM présentant la répartition de valeur la plus équilibrée entre les quatre grandes filières ultra-marines précitées.

La population agricole totale s’élève à 28 600 pour une population totale de 423 000 habitants. 5500 agriculteurs sont considérés comme exploitants ayant un certain degré de professionnalisation et déclarant de ce fait leur surface au titre du règlement SIGC.

b. Les caractéristiques de l’agriculture

La production agricole guadeloupéenne est réalisée sur de petites surfaces (moyenne 5,2 hectares) exploitées par des agriculteurs âgés en moyenne de 50 ans dont plus du tiers est pluri-actif.

L’évolution du secteur agricole ces quinze dernières années est caractérisée par une diminution des surfaces consacrées aux cultures végétales d’exportation (canne à sucre : - 15 %, et surtout la banane : - 60 %). La filière bananière reste cependant fortement pourvoyeuse d’emplois et génère un important fret retour vers la métropole.

Le système de polyculture associant productions végétales et animales est très implanté, consacrant la complémentarité entre canne et élevage bovin, par exemple.

La surface agricole utile du département représente 35 370 hectares en 2008 sur les 170 500 hectares de l’archipel, dont 28 500 hectares déclarés par les agriculteurs. La Basse-Terre est occupée par les bananeraies au sud et à l’est, par le maraîchage et les cultures fruitières à l’ouest, et enfin par la canne à sucre et l’ananas au nord-est. La Grande-Terre est le bassin de production privilégié de la canne, du maraîchage et de la majorité des surfaces herbagères. L’île de Marie-Galante associe la production de la canne à sucre à l’élevage.

c. Évolution des principales filières

- Filière canne à sucre (en 2009, 55 600 t de sucre produits et 75 000 hl d’alcool pur pour le rhum sur 13 500 ha) :

Bien structurée autour de quatre sociétés d’intérêt collectif agricole et d’une interprofession reconnue depuis le 31 mars 2006, la filière canne est dépendante du régime des pluies et pâtit du très faible niveau des surfaces irriguées en Guadeloupe. Les deux sociétés (GARDEL en Guadeloupe, SUCRERIE de MARIE-GALANTE sur la dépendance) produisant le sucre sont financièrement très fragiles, dépendantes du volume de canne à broyer, de conflits sociaux récurrents, ainsi que des possibilités d’expédition des sucres vers un marché communautaire dont les prix sont en forte baisse depuis le 1er juillet 2006 (réforme de l’organisation commune des marchés du sucre). Les soutiens nationaux et communautaires permettent cependant à la filière de poursuivre son activité et de se développer sur la valorisation de tous les produits de la canne : sucres, rhums agricoles et alcools confectionnés par neuf distilleries, bagasse (fibre) destinée à la combustion pour la production d’électricité, fourrage pour les animaux, matières fertilisantes. GARDEL et les planteurs livrant à cette usine ont bénéficié en 2010 de la rémunération de 13 € / tonne de canne pour valorisation thermique, rémunération partagée respectivement à 3 € / tonne pour l’usine et 10 € / tonne pour les planteurs. Cette mesure est fondamentale pour la sauvegarde du secteur mais pourrait consacrer un décrochage avec Marie-Galante si aucune solution de même type n’y est rapidement engagée.

- Filière banane (production 2009, 55 700 tonnes sur 2 000 hectares) :

Après de nombreuses années difficiles liées à un mécanisme de soutien communautaire inadapté, à des évènements climatiques et des conflits sociaux lourds, la filière, sous l’impulsion de l’État, s’est restructurée, avec la création fin 2005 de la SICA Les Producteurs de Guadeloupe (LPG). La stratégie commerciale a été revue et est menée conjointement avec les producteurs de Martinique. En outre, le mécanisme de soutien intra-communautaire à la filière banane a été complètement refondu fin 2006, et de manière satisfaisante. La principale menace reste le volet externe, les tarifs douaniers pour la banane originaire des pays tiers (hors DOM et ACP) risquent de baisser très fortement, provoquant une arrivée massive de banane « dollar » sur le marché communautaire, au détriment de la production domestique. La filière essaie de réagir par l’intégration verticale et la maîtrise de toute la chaîne de commercialisation, notamment par le rachat des mûrisseries FRUIDOR en 2008.

- Filière fruits, légumes et horticulture (55 000 tonnes produites en 2008 sur 4 500 hectares) :

Les productions de cette filière, avec celles du secteur animal, participent de la nécessaire couverture des besoins alimentaires de la population guadeloupéenne. Leur développement est freiné par un manque d’organisation (en dehors de la production de melon, qui s’est développé sur le créneau de l’exportation de contre-saison -5 000 tonnes exportées - et de l’ananas - 4 000 tonnes produites en 2008). Le développement des organisations de producteurs et la mise en œuvre du schéma interprofessionnel sont au cœur des préoccupations des responsables professionnels, avec l’appui des services de l’État : l’interprofession IGUAFLHOR créée en 2009 est en cours de reconnaissance.

- Filières animales :

Depuis décembre 2004, la profession a mis en place une Interprofession Guadeloupéenne de la Viande et de l’Elevage (IGUAVIE) qui regroupe huit filières (apiculture, aquaculture d’eau douce, bovins, caprins et ovins, lapins, porcs, oeufs). Cette organisation ne couvre qu’une part limitée de la production locale (15 à 60% suivant les filières), alors que la distribution (GMS), impliquée dans l’Interprofession, couvre elle 50% à 80% de la consommation. La filière élevage doit poursuivre sa mutation et sa montée en puissance au cours de la période 2009 - 2013, pour être en capacité de mieux répondre aux demandes de la distribution (GMS), laquelle doit en retour participer à la mise en avant des produits locaux.

d. Problématiques transversales :

- Le foncier :

La poursuite de la réforme foncière - issue du démantèlement des grands faire-valoirs directs des anciennes sucreries - et l’extension des actions visant à la libération du foncier agricole sont indispensables au renouvellement des générations et à l’installation de jeunes agriculteurs.

Cependant la SAFER de la Guadeloupe doit faire face à un marché du foncier bloqué et soumis à une pression forte des autres utilisations (urbanisation, surfaces prises pour les activités économiques). Ces difficultés de libération de foncier agricole sur des surfaces minimales permettant l’installation expliquent en partie le vieillissement de la population active agricole : des mesures issues de la loi de modernisation de l’agriculture permettront de mieux faire face à la problématique de l’érosion de la sole agricole (Commission d’examen des déclassements sous l’autorité du Préfet). Les ordonnances y relatives sont en cours de rédaction.

- La pollution des sols par le chlordécone :

En 1999 était mise à jour une situation de pollution chronique des eaux et des sols par la chlordécone, insecticide organochloré utilisé en bananeraies jusqu’en septembre 1993. Extrêmement rémanent, elle se retrouve encore dans les sols anciennement traités, et sa présence sera durable ( au moins un siècle). Une cartographie de la contamination des sols a été établie, et on estime aujourd’hui qu ‘environ 10% de la SAU ( près de 5000 ha) est potentiellement atteinte de façon préoccupante : il s’agit essentiellement de la zone historique de production bananière du sud Basse-Terre ( le Nord Basse-Terre, la Grande-Terre et les îles ne sont pas concernées). Depuis 2000, en application du principe de précaution, différentes mesures ont été mises en oeuvre, afin de limiter l’exposition de la population (interdiction de certaines cultures sur les sols contaminés, interdiction de pêche en rivière ou sur le littoral contaminé) et de trouver des solutions pour les agriculteurs touchés par la contamination de leurs exploitations : une mesure spécifique (mesure 131) a été introduite dans le programme de développement rural de la Guadeloupe et est en cours d’examen à Bruxelles.

- La Chambre d’agriculture :

Les élections à la chambre d’agriculture du 31 janvier 2007 ont donné les résultats suivants pour le collège des chefs d’exploitation :

F.D.S.E.A. : 38,38 % (liste conduite par Eric NELSON)
U .P.G. : 24,79 % ( liste conduite par Alain GAYADINE)
MODEF/URSOPA : 19,43 % ( liste conduite par Christian KANCEL)
Jeunes Agriculteurs : 17,05 % (liste conduite par Radji BELLONE)

Le président NELSON a été reconduit dans ses fonctions. Les quatre syndicats ayant obtenu plus de 15 % des suffrages, ils sont donc considérés comme représentatifs au sens du décret n° 90-187 du 28 février 1990.

La chambre d’agriculture de la Guadeloupe est en situation financière très difficile : un plan de redressement avec un volet social est engagé. Il a été acté dans le cadre d’une convention associant l’État et l’organisme consulaire, signée par le Préfet de la Guadeloupe, le TPG et le Président de la Chambre en juillet 2008. En application de cette convention, la Chambre a engagé un plan de licenciements, pratiquement bouclé à ce jour (quelques recours sont à gérer), une refonte de ses procédures budgétaires et comptables et une réorganisation complète de son fonctionnement et de son organigramme, avec la mise en œuvre d’un fonctionnement par pôles de compétence.

Les finances de la Chambre se redressent très lentement.

e. Aides au secteur :

- Aides du premier pilier de la PAC :

L’objectif du premier pilier de la PAC (décliné dans le POSEI - Programme d’Options Spécifiques à l’Eloignement et à l’Insularité - ), est d’améliorer la compétitivité économique et technique des filières agricoles en tenant compte de leurs handicaps géographiques et économiques, notamment de l’éloignement, de l’insularité, de la faible superficie, du relief et du climat difficile, de la dépendance économique vis-à-vis de certains produits d’importation et de la concurrence internationale.
L’agriculture de Guadeloupe bénéficie indirectement du Régime Spécifique d’Approvisionnement (RSA) qui vise à compenser l’éloignement géographique pour certains approvisionnements nécessaires à l’alimentation animale, ainsi que pour l’approvisionnement en animaux vivants, par exemple.
Elle bénéficie directement des Mesures en Faveur des Productions Agricoles locales (MFPA), au travers des aides à la filière animale (structuration, via IGUAVIE, transport, primes ovines, caprines et bovines, primes à l’abattage, commercialisation), à la filière végétale (structuration, transport commercialisation), à la filière banane (aide partiellement découplée liée à la référence individuelle par planteur) et à la filière canne (transport, transformation en rhum agricole, industries sucrières).
Ces aides ont représenté près de 50 M€ en 2008.

- Aides du second pilier de la PAC :

L’objectif du second pilier de la PAC (décliné en Guadeloupe dans le cadre du programme de développement rural - PDRG) est de permettre, au sein de son premier axe, le développement durable des exploitations agricoles et du monde rural, par des aides à la modernisation, à l’encadrement technique des agriculteurs, à l’irrigation et à l’aménagement foncier, aux industries agroalimentaires pour une valorisation locale de la production du département.

Les aides du second axe du PDRG visent également à soutenir les agriculteurs confrontés aux handicaps naturels (qui rendent l’exploitation difficile), et qui font le geste important de souscrire une mesure agro-environnementale (MAE).

Ces aides du PDRG ont représenté 36 M€ en 2009. C’est une effort très important de rattrapage pour un programme ayant démarré tardivement (février 2008).

- Aides nationales :

Les aides nationales concernent essentiellement le secteur de la canne à sucre (aide à la garantie de prix, aide au transport du sucre, aide complémentaire au POSEI). Elles ont représenté 30 M€ en 2010, en incluant une aide spécifique à l’usine de Marie-Galante - 1,4 M€ -.

Aides ovines et caprines : ouverture de la télédéclaration des demandes

Veuillez trouver ci-joint le communiqué de presse : Campagne 2014 : ouverture de la télédéclaration des demandes d’aides ovines et caprines.

Le lien vers Telepac

10 guadeloupéens promus au titre du Mérite agricole

L’arrêté du 31 janvier 2016 du ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt vient de promouvoir ou de nommer dix guadeloupéens dans l’ordre du Mérite agricole au titre de la promotion du 31 janvier 2016.

L’ordre ministériel du Mérite agricole, créé en 1883 et relevant du ministre chargé de l’agriculture, récompense les services rendus à l’agriculture. Les nominations sont effectuées par le ministre après étude des candidatures proposées au Conseil de l’ordre du mérite agricole. Chaque promotion fait l’objet d’un arrêté ministériel qui est ensuite publié au Bulletin officiel des décorations, médailles et récompenses.

Les Guadeloupéens promus au grade d’officier ou nommés en tant que chevalier au titre de la promotion du 31 janvier 2016 sont :

→ Au grade d’officier :

Monsieur Francis LIGNIERES
Exploitant agricole et président du groupement de producteurs de bananes LPG
97123 BAILLIF
Chevalier depuis le 31/01/2007

Madame Régine PEGEAULT
Secrétaire générale de la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt
97114 TROIS RIVIERES
Chevalier depuis le 31/07/2000

→ Au grade de chevalier :

Monsieur Frédéric BOURSEAU
Président d’ASSOFWI et de la caisse locale du crédit agricole de Basse-Terre
97123 BAILLIF

Monsieur Patrick LABBE
Ingénieur de recherche à l’INRA
97115 SAINTE ROSE

Madame Lin MISTOCO
Assistante de direction au lycée agricole Alexandre BUFFON
97130 CAPESTERRE-BELLE-EAU

Monsieur Michel PETIT
Ouvrier d’entretien au lycée agricole Alexandre BUFFON
97139 LES ABYMES

Monsieur Philippe ROTIN
Exploitant agricole, cofondateur de l’APECA (Association pour la promotion de l’agriculture paysanne et de l’agroécologie dans la Caraïbe)
97122 BAIE-MAHAULT

Monsieur Bernard SINITAMBIRIVOUTIN
Exploitant agricole, gérant de la SICA « les alizés » et vice-président de l’IGUAFHLOR
97120 SAINT-CLAUDE

Monsieur Rodrigue TREFLE
Exploitant agricole, président de la SAFER
97122 BAIE-MAHAULT

Madame Sophia VINGADASSAMY
Exploitante agricole, présidente de la SICACFEL
97118 SAINT-FRANCOIS